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TitleCaroline Quine Alice Roy 08 BV Quand Alice Rencontre Alice 1932
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assortis. Ce ne fut pas chose aisée. Enfin, elle trouva l'article qui lui
convenait, l'acheta et repartit en flânant le long des étalages.

On peut être détective et très féminine cependant. Et Alice l'était.
Elle aimait beaucoup s'acheter les robes à la mode et contempler les
nouveaux modèles qui, à chaque saison, attiraient les acheteuses.

« J'aimerais bien flâner ici plus longtemps et regarder toutes ces
jolies choses, songeait-elle. Dommage qu'il me faille courir à la gare
pour voir si la marchande de journaux a encore un exemplaire de cette
revue dont Marion m'a parlé. Je n'ai pas la patience d'attendre qu'elle la
retrouve. »

Ses paquets sous le bras, Alice regagna sa voiture et prit la
direction de la gare. Une déception l'y attendait. La vendeuse n'avait
plus le numéro de la semaine précédente.

« C'est une revue nouvelle, et tout le monde se jette dessus. En
particulier les voyageurs qui se rendent à New York ; ils descendent ici
pour se dégourdir les jambes et dévalisent mon éventaire des journaux
de leur ville. Comme s'ils ne pouvaient attendre chez eux ! D'ailleurs,
que ce soient les journalistes du Nord, du Sud, de l'Est ou de l'Ouest, ils
disent bien tous la même chose. »

Ce long discours sur les us et coutumes des voyageurs
n'intéressant pas le moins du monde la jeune fille, elle s'empressa d'y
mettre fin en achetant le numéro de la semaine. Après tout, on y
parlerait peut-être encore des Hutchinson.

« Seigneur ! Comme cette revue est épaisse ! se dit Alice.
Rentrons vite. Si je veux la parcourir en entier, il me faudra y consacrer
toute la journée. »

Tandis qu'elle roulait au milieu des voitures, elle fit un petit signe
de la main et un large sourire à un agent de la circulation qu'elle
connaissait, puis elle appuya sur l'accélérateur, pressée de rentrer chez
elle, de montrer ses acquisitions à Sarah et de se plonger dans la lecture
de la revue.

Peu après, assise dans un bon fauteuil, au salon, elle se mettait au
travail.

« A quoi bon tout lire ? se dit-elle au bout d'un moment. On ne
parle certainement pas des Hutchinson dans le courrier du cœur, les
histoires drôles, les nouvelles politiques, pas plus que dans la critique
littéraire. »

A ce moment la sonnerie du téléphone retentit. C'était Marion.

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« Je suis désolée, Alice, mais je ne pense pas que l'entrefilet sur
les Hutchinson te sera d'un grand secours. Je vais te le lire, écoute : « A
« l'occasion de la fête de l'Indépendance, les membres de la famille «
Hutchinson se réuniront, comme chaque année, à l'hôtel van Court-«
land. Ils seront plus de cent vingt-cinq, tous descendants de Jeffery «
Hutchinson qui immigra à New York en 1652. »

Marion se tut pour reprendre son souffle puis ajouta :
« L'article n'en dit, hélas ! pas plus long.
— C'est déjà beaucoup, déclara Alice. Parmi ces cent vingt-cinq

Hutchinson, il y en a bien un qui emploie ou a employé Alice Roy.
- Qui sait s'il n'existe pas des centaines d'Hutchinson étrangers à

cette famille ? demanda Marion.
— Possible. En tout cas, tu connais le dicton : qui ne tente rien

n'a rien. Je vais écrire à l'hôtel et prier le directeur de mettre sur le
panneau d'affichage une note exposant ma requête. Au revoir. Merci
beaucoup, Marion. »

Alice reprit la revue. Elle parcourut les chroniques mondaines
colonne par colonne, sans résultat. Puis elle passa aux nouvelles
d'intérêt général et, à la troisième page, un titre frappa son regard et la
fit sursauter.

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